Les évêques de la CENCO. ©Ph., tiers

La conférence épiscopale nationale du Congo CENCO a été en plénière du 18 au 20 juin à Kinshasa. Ces assises des prélats catholiques ont été sanctionnées par un message sur la situation actuelle du pays, particulièrement le projet du changement de la constitution et de la maladie à virus Ebola. Dans ce message intitulé « la nation est en péril ! Dressons nos fronts, prenons le plus bel élan », les pasteurs de l’église universelle disent avoir constaté que malgré les accords de paix signés mais le pays est toujours, depuis 4 ans en guerre et une partie du pays dans le Nord et Sud-Kivu reste contrôlée par l’AFC/M23. Cela, outre les armées étrangères qui se sont installées dans le pays.

Parlant de la constitution, les évêques se disent inquiets par rapport à la tension croissante née de la campagne de la majorité au pouvoir en faveur du changement de la constitution du 18 février 2006 en mobilisant les moyens de l’Etat alors qu’elle se fait dans un climat de terreur contre des voix discordantes au sein de la même majorité, obligées de se taire par peur des représailles. Ils dénoncent au même moment les répressions qui se font sur les manifestations de l’opposition par la police nationale en collaboration avec une « milice » d’un parti politique dénommée « force du progrès ».

Par ailleurs la CENCO alerte sur le fait que certains tenants du changement de la constitution du 18 février 2006 ne cachent plus leur principale motivation consistant à offrir un autre cycle de mandats à l’actuel président de la république. Pour les évêques, ceci est une rupture du pacte républicain chèrement acquis après toutes les crises connues dans le pays depuis l’indépendance. Ils indiquent que l’article 220 de l’actuelle constitution représente un véritable rempart contre la dictature et la privatisation de l’Etat.

Pour la CENCO, tout passage en force dans cette direction comporte des risques énormes dont la balkanisation du pays. Dans un contexte où les rivalités politiques revêtent des connotations ethniques et tribales, le déclenchement d’une autre guerre civile est à redouter martèlent-ils. Par ailleurs, les évêques de la CENCO ne voient ni la nécessité, ni l’urgence, ni l’opportunité du changement de la constitution car disent-ils, la priorité aujourd’hui en RD Congo c’est la paix, le bien-être social du peuple congolais, l’unité et la cohésion nationale.

A eux de conclure que si nous n’y prenons pas garde, nous assisterons à des affrontements interurbains ou inter-ethniques que personnes ne saura maîtriser ; faisant ainsi allusion à la montée vertigineuse des violences physiques et verbales dans les grandes villes, une situation qui inquiète toute personne soucieuse de l’avenir du pays.

✍️ Deck’son Assani Kamango

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